Enquêtes civiles et pénales

Abus de confiance : établir les faits et constituer la preuve

L’abus de confiance, c’est le détournement d’un bien, de fonds ou de valeurs remis à charge d’en faire un usage déterminé (art. 314-1 du Code pénal). Encore faut-il le prouver : nous retraçons les faits et rassemblons les éléments de votre plainte ou de votre action en réparation.

Le détournement se prouve par sa trace matérielle : ce qui a été remis, ce qui en a été fait, qui en a profité. Notre enquête reconstitue cette chaîne, remise, usage convenu, détournement, enrichissement, avec des faits datés qui permettent au pénal comme au civil de prospérer.

Dans quelles situations intervient-on ?

Les grands cas : l’associé ou le gérant qui détourne la trésorerie, le salarié qui utilise à son profit fonds, matériel ou véhicule confiés, le mandataire (procuration, gestion) qui outrepasse l’usage convenu, le prestataire qui garde l’acompte sans exécuter, le proche qui siphonne les comptes d’une personne vulnérable.

Le point commun juridique : une remise volontaire (c’est ce qui distingue l’abus de confiance du vol) suivie d’un usage contraire à ce qui était convenu. Le point commun pratique : le détournement se voit rarement dans les comptes seuls, il se voit dans le train de vie, les acquisitions, les structures créées pour loger les fonds. C’est exactement ce que l’enquête de terrain et l’enquête patrimoniale mettent en évidence. Pour les personnes vulnérables, voyez aussi l’enquête de succession (abus de faiblesse, captation).

Comment reconstitue-t-on un détournement ?

Par les deux bouts : en amont, la remise et l’usage convenu (contrats, mandats, procurations, flux) ; en aval, l’enrichissement injustifié, acquisitions, train de vie incompatible, sociétés-écrans, prête-noms. Quand les deux bouts se rejoignent par des faits datés, le dossier tient.

Concrètement, nous croisons l’analyse documentaire (ce que vos pièces montrent déjà), les sources ouvertes (sociétés créées, biens visibles, activité affichée) et le terrain (usage réel d’un véhicule ou d’un local, remise effective d’un bien, occupation d’un bien acquis). La chronologie est décisive : un enrichissement qui suit immédiatement les détournements présumés parle de lui-même. Le rapport final présente cette chronologie avec ses preuves, utilisable pour la plainte avec constitution de partie civile comme pour l’action en responsabilité.

Ce qu’il faut établirComment nous l’établissonsUsage
La remise et l’usage convenuAnalyse des pièces, mandats, fluxÉlément constitutif (art. 314-1)
Le détournementChronologie des actes contrairesPlainte pénale / faute civile
L’enrichissementTrain de vie, acquisitions, structuresPréjudice et recouvrement
Les complicitésPrête-noms, bénéficiaires réelsÉtendue de l’action

Plainte pénale ou action civile : que choisir ?

Les deux voies se combinent souvent : le pénal (art. 314-1 : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende) fait pression et ouvre l’accès aux investigations judiciaires ; le civil vise la réparation et la récupération des fonds. Votre avocat arbitre, notre dossier sert les deux.

Un facteur commande le calendrier : la prescription (6 ans pour ce délit, à compter en principe de la découverte du détournement pour les faits dissimulés) et le risque d’organisation d’insolvabilité. Plus l’enquête démarre tôt, plus la trace de l’enrichissement est fraîche et plus les mesures conservatoires (saisies, sûretés) ont de chances d’attraper quelque chose. Notre volet solvabilité évalue précisément ce qui reste saisissable au moment d’agir.

Qui peut nous mandater, et dans quel cadre ?

L’entreprise victime (dirigeant, DAF, service juridique), le particulier lésé, ou leur avocat, souvent la meilleure configuration : le mandat de l’avocat place nos échanges sous son secret professionnel et cale l’enquête sur la stratégie procédurale.

Le cadre est celui de toutes nos missions : agrément CNAPS (art. L621-1 du Code de la sécurité intérieure), loyauté et proportionnalité de la preuve, secret professionnel (art. 226-13 du Code pénal). Une précaution spécifique aux dossiers internes à l’entreprise : ne pas alerter l’intéressé avant que le dossier soit constitué, un mis en cause prévenu efface, transfère et organise son insolvabilité. Nous travaillons donc en silence, et le moment de la confrontation se choisit avec votre conseil.

Combien cela coûte-t-il ?

Nos missions démarrent à 85 € HT/heure (forfait journée 850 € HT, taux dégressif au volume). Chaque dossier fait l’objet d’un devis écrit gratuit avant tout engagement, aucun frais caché.

Le budget dépend de la profondeur du montage : un détournement simple se documente en quelques vacations ; un dossier avec sociétés-écrans et prête-noms se chiffre par phases. Le devis initial fixe les étapes et leurs points d’arrêt.

Voir la grille tarifaire complète.

Questions fréquentes

Quelle différence entre abus de confiance et vol ?
La remise volontaire : dans l’abus de confiance, la victime a remis le bien ou les fonds librement, à charge d’un usage déterminé, c’est le détournement de cet usage qui est puni (art. 314-1 C. pén.). Le vol est une soustraction sans remise. La preuve à construire n’est pas la même.
J’ai des soupçons mais pas de preuve : par où commencer ?
Par l’entretien gratuit : vous exposez les faits, nous identifions ce qui est déjà établi par vos pièces et ce que l’enquête peut ajouter. Beaucoup de dossiers démarrent avec un simple faisceau d’anomalies, notre travail est justement de le transformer en preuve.
Le détournement date de plusieurs années : est-ce trop tard ?
Pas nécessairement : pour les faits dissimulés, la prescription de 6 ans court en principe à compter de la découverte. En revanche, plus on attend, plus l’enrichissement se dilue. L’entretien initial évalue ces deux horloges.
Pouvez-vous récupérer les fonds détournés ?
Nous n’exécutons pas, mais nous rendons l’exécution possible : localisation des actifs, identification des structures, évaluation de ce qui reste saisissable. La récupération passe ensuite par votre avocat et les mesures conservatoires ou définitives.
L’intéressé saura-t-il qu’une enquête est en cours ?
Non. La discrétion est une condition d’efficacité absolue sur ces dossiers : un mis en cause alerté organise son insolvabilité. Nos investigations se mènent depuis l’espace public et les sources ouvertes, sans contact avec l’intéressé.

Un doute, une situation à éclaircir ?

Premier entretien gratuit et confidentiel. Nous vous répondons 7j/7.